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Les gendarmes déploient leurs drônes

Non, ce n’est pas le titre du nouvel opus d’une saga comico-pitoyable sur les gendarmes. C’est la réalité des outils de surveillance développés, prêts à être mis en service et banalisés d’ici 2017. Vous ne regarderez plus le ciel comme avant...

Extrait : "Les gendarmes investissent dans la troisième dimension. Après un an et demi d’« évaluations technico-opérationnelles » menées dans la plus grande discrétion, ils vont déployer d’ici à 2017 une flotte de microdrones susceptibles de remplir un spectre large de missions. Selon nos informations, les premiers appareils, plutôt sophistiqués pour un poids d’à peine deux kilos et facturés 50.000 euros pièce avec leur système de télépilotage, seront livrés à la fin février pour une mise en service dès le mois prochain. Produits par la société Novadem, pépite technologique française qui équipe déjà les fantassins de l’armée de terre en reconnaissance ou au combat en milieu urbain, ces modèles NX110 embarquant une caméra infrarouge dotée d’un puissant zoom sont d’ores et déjà présentés comme « l’œil déporté du gendarme ». Furtifs, ces engins propulsés par des moteurs électriques vont se fondre dans le ciel de France en évoluant à 50 ou 150 mètres d’altitude maximale."

Le lien : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/02/03/01016-20160203ARTFIG00285-les-gendarmes-deploient-leurs-drones.php

L’article complet :

Pesant deux kilos et dotés de caméras, ils participeront au maintien de l’ordre et à la détection de délinquants.

Les gendarmes investissent dans la troisième dimension. Après un an et demi d’« évaluations technico-opérationnelles » menées dans la plus grande discrétion, ils vont déployer d’ici à 2017 une flotte de microdrones susceptibles de remplir un spectre large de missions. Selon nos informations, les premiers appareils, plutôt sophistiqués pour un poids d’à peine deux kilos et facturés 50.000 euros pièce avec leur système de télépilotage, seront livrés à la fin février pour une mise en service dès le mois prochain. Produits par la société Novadem, pépite technologique française qui équipe déjà les fantassins de l’armée de terre en reconnaissance ou au combat en milieu urbain, ces modèles NX110 embarquant une caméra infrarouge dotée d’un puissant zoom sont d’ores et déjà présentés comme « l’œil déporté du gendarme ». Furtifs, ces engins propulsés par des moteurs électriques vont se fondre dans le ciel de France en évoluant à 50 ou 150 mètres d’altitude maximale. Utilisés de préférence en vol stationnaire, ils affichent une vitesse de pointe de 70 km/heure. « Grâce à un système de vidéo-tracking, la caméra pourra être pointée sur des lieux précis au cours d’un plan de vol programmé, précise le colonel Jérôme Bisognin, chargé de mission à la Direction des opérations et de l’emploi (DOE). Les images captées sont transmises en temps réel sur l’écran déporté d’un “télépilote” qui a suivi huit jours de formation. Un chef de mission placé à ses côtés - et qui aura effectué le même stage - pourra transmettre toutes les informations permettant d’optimiser et de corriger au besoin la manœuvre des unités au sol. » Engagé dans des opérations de maintien de l’ordre, le microdrone siglé gendarmerie devrait permettre d’offrir une vue en profondeur de la zone d’action en survolant les voies, les lignes de crête ou les barres d’immeubles afin de débusquer à distance d’éventuels casseurs et de détecter des obstacles, comme des barrages de poubelles ou de voitures, voire des pièges incendiaires ou des engins explosifs improvisés comme peuvent en confectionner des manifestants violents.
Pour l’heure, l’engin dispose d’une autonomie de vol de 25 minutes, mais les stratèges de la maréchaussée planchent sur un système de « drones captifs », sorte de « vigie » statique positionnée à une trentaine de mètres au-dessus du sol et alimentée par un long filin quasi invisible de cinq millimètres de diamètre. « Cet outil de surveillance périmétrique pourrait surplombler des bâtiments sensibles, comme la salle des conférences de la COP21 au Bourget, des sites nucléaires ou militaires ainsi que de grands rassemblements “festifs”, de type rave party », précise-t-on à la Direction générale de la gendarmerie. Sur le front de l’investigation judiciaire, ces avions sans pilote sont déjà destinés à de multiples usages. Testés au-dessus de cités sensibles en Guyane, ils ont prouvé une réelle efficacité dans les missions de surveillance et sécurisation de la voie publique pour prendre sur le fait des vandales, des cambrioleurs susceptibles d’écumer certains quartiers ou encore des bandes à la sortie des gares. Ces engins pourront aussi être géopositionnés au-dessus de points de deals de drogue. « Les minidrones intègrent un système de géoréférencement très précis, et les images sont horodatées, précise le colonel Jérôme Bisognin. Toutes les images de flagrants délits peuvent donc être versées dans une procédure judiciaire pour matérialiser les faits. »
Jusqu’à maintenant, seuls quelques engins guidés depuis le sol équipaient des unités spécialisées, dont un surprenant nanodrone « espion » de 18 grammes aux allures d’hélicoptère microscopique utilisé par les unités d’intervention. Selon nos informations, des essais seront en outre programmés dans les quinze prochains jours sur un site d’entraînement de la gendarmerie nationale, à Beynes, dans les Yvelines, pour expérimenter les drones dans le domaine de la sécurité routière.
Les aéronefs seront testés en particulier pour repérer à distance les conduites à risques telles que les franchissements de ligne continue, les dépassements dangereux, le non-respect de stops ou encore le doublement par la droite. « En revanche, il n’est pas prévu à ce stade d’employer des drones pour relever des excès de vitesse », ajoute le colonel Bisognin. Invoquant une « nécessaire vision lucide et réaliste de ce que ce type d’appareil peut apporter », il observe en outre que « les minidrones ne pourront être employés pour l’escorte de convois, les courses-poursuites ou encore les longues filatures ».
Venant en complément de la flotte d’hélicoptères EC145 de la gendarmerie, quatre premiers aéronefs télépilotés vont d’abord étoffer la panoplie du groupement blindé, la section aérienne de la gendarmerie, le centre de formation des unités mobiles de Saint-Astier ainsi que le pôle judiciaire de Pontoise. Dans le cadre d’un nouvel appel d’offres, l’escadrille sera portée au total à 23 systèmes de drones d’ici à 2017. Ces nouvelles vigies du ciel devraient être appelées à se multiplier puisque les gendarmes ont prévu de former à terme une soixantaine de télépilotes par an. Tous seront rompus au respect des règles de sécurité aérienne pour éviter toute collision à basse altitude, ainsi qu’au respect de la vie privée. Étant donné qu’aucune loi n’encadre l’emploi de caméras embarquées, les images prises de ces drones d’État seront détruites au bout de trente jours. Comme cela se pratique en matière de vidéosurveillance.

FICHE TECHNIQUE

Dimensions 110 cm de longueur, 110 cm de largeur et 14 cm de hauteur.
Masse au décollage moins de 2 kg.
Rayon d’action maximum 1 km.
Autonomie de vol 20 minutes.
Altitude de vol maximale 2200 m.
Vitesse maximale 12 m/s.
Navigation par GPS.
Caméra numérique infrarouge embarquée, motorisée sur 180° avec zoom optique × 10.
Radar de détection.

UN AÉRONEF MULTI FONCTION

1. Maintien de l’ordre : détection des casseurs embusqués et d’obstacles, comme les barrages de voitures ou de poubelles, des pièges incendiaires ou des engins explosifs improvisés.
2.Police judiciaire : survol de points sensibles pour faire des flagrants délits d’actes de vandalisme, de cambriolages ou au-dessus des points de vente de drogue.
3.Sécurité routière : des expérimentations vont être menées pour repérer à distance les conduites à risques telles que les franchissements de ligne continue, les dépassements dangereux, le non-respect de stop ou encore le doublement par la droite. Les constatations d’excès de vitesse ne sont pas à l’ordre du jour.

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